A l’hippodrome

 

 

J’ai retrouvé cette photo, avec au dos la date de « 1985-1986″… C’est une équipe de minimes garçons, footballeurs, sur l’hippodrome de Navarre à Evreux.

C’est parti pour retrouver tous les noms des joueurs!

Accroupis, de gauche à droite :

Gilles Daudin – Franck Bernard {?} – Tony Dos Santos – Jean-Paul Navéga

Debouts, de gauche à droite :

Aziz? – Franck Macé – Olivier Gosse – Pédro Navéga – Christophe Chevallier – Frédéric Joly – Eric * Descabanne – Olivier Longprès

 

Aide pour compléter/corriger bienvenue!

*Merci Carine! {Rautureau}

 

N.B. : équipe constituée de garçons qui jouaient dans différents clubs, parfois les uns contre les autres {St André, Prey…} mais qui jouaient ensemble pour leur collège.

Le collège n’avait pas les moyens d’acheter ce genre de jeu de maillots, je pense que c’est le club de St André qui nous les prêtait, via Denis Carel, entraîneur de cette catégorie d’âge!

Péda relais

 

Médaille trouvée sur Ebay – Cherchez l’erreur!*

 

Le hasard a donc fait que nous étions deux spécialistes d’athlétisme au collège, Serge formé au club de Carhaix-Plouguer, et moi formée au Club Universitaire Palois. Serge était sprinteur, moi hurdleuse/sauteuse. J’avais déjà bien amorcée la formation des jeunes en relais, mais avec l’arrivée de Serge, nos méthodes de travail ont mûri, et de mon point de vue, c’est un des domaines où notre travail a été le plus affiné {avec également le travail en course longue, j’y reviendrai…}

Nous faisions du relais avec nos classes de 5è et de 3è, un cycle de 6 séances par an. J’ai fait les comptes. En moyenne 3 classes par an sur ces deux niveaux, 25 élèves par classe, pendant  un peu plus de 10 ans… plus de 750 élèves vus en relais, en ce qui me concerne…ça donne un peu d’expérience!

J’ai eu l’occasion de transmettre un peu ce que nous avions élaboré sur un forum de prof d’EPS, Pepsteam {en 2006}. En voici quelques extraits {dont nos chipotages/chambrages avec Serge concernant les techniques de transmission!} :

La technique de transmission à la française est une technique au cours de laquelle le témoin est transmis, de bas en haut, avec le bras du receveur légèrement fléchi, assez près du corps, la main (du receveur) fixée avec les doigts orientés vers le bas et l’extérieur…grosso modo (c’est peut-être pas super clair??!!…d’ici peu quelqu’un pourra peut-être joindre de beaux schémas ou de belles photos!…)

Dans la technique à l’américaine, le témoin est donné de haut en bas, avec le bras du receveur fixé plus haut et tendu, la main du receveur formant une sorte de petit « plateau », doigts orientés vers l’extérieur…grosso modo!
La technique française est la plus utilisée en France (!!!) dans les clubs et les établissements scolaires.
Il se trouve que le club qui m’a formée en tant qu’athlète formait tous ses relayeurs avec la technique américaine.Ce n’est que bien longtemps après que j’ai réalisé qu’on était quasiment les seuls à travailler comme ça!
Et quand je suis devenue prof, qu’on a commencé à bien bosser avec un collègue aussi spé athlé, le sujet de la technique de transmission est devenu un point récurrent de « chipotage/chambrage » entre nous! Il défendait la technique française, je défendais l’américaine!
On a fini par décider de dire aux élèves.. « il existe deux techniques de transmission…les voilà…vous choisissez celle qui vous convient le mieux ».Et on a réalisé que bien souvent, les élèves s’en inventaient des très « perso », l’important étant que la main et le bras du receveur soient bien fixés et que le donneur soit super concentré au moment de la transmission.Le critère, c’est que si tu observes d’un peu loin, le moment de transmission doit être « indevinable », la transmission doit être fluide…avec bien sûr un bon ajustement des vitesses….

 

Aux derniers championnats t du monde, les américains ayant fait tomber le témoin dès le 1er passage, cette technique s’est pris un peu une « balayette », surtout que Stéphane Diagana dans son commentaire a un peu critiqué cette technique.Mais lors des précédents cht du monde, des  précédents Jeux Olympiques, j’avais observé, me semble t’il, que la technique américaine était majoritairement choisie par les équipes…

La technique de transmission n’est, selon moi, pas centrale dans l’apprentissage du relais. Tout ce qui concerne l’ajustement des vitesses l’est beaucoup plus.

Petite astuce pratique de mise en place:
Dans le collège dans lequel je travaillais, « relais » au programme pour les 5è et les 3è. Nous avions une piste goudronnée de 120m de long et 5 couloirs.Nous avions tracé à la peinture sur 3 couloirs (1 couloir sur 2) la marque d’élan (40cm hachurés sur l’entrée de la zone d’élan) pour un 2X30m, puis une série de « marques » matérialisées par un petit trait numéroté de 1 à 7 ou 8 sur les côtés des couloirs (à partir de 15 « pieds » pour le 1, puis tous les « 1 pied » pour la suite – 1 pied de 38 à peu près! Soit 25 cm…).
Avantages : pas besoin de retracer à chaque fois les marques au sol (mais on peut le faire à la craie), et possibilité pour les élèves d’avoir des repères précis et d’être assez autonomes pour leur travail (on se rattrape pas quand je suis au 4, j’essaie le 3, etc…)

 

Et voici notre fiche d’évaluation :

Le donneur :

* est dans sa moitié de couloir, pour que le témoin soit au milieu

* donne le signal/hop au bon moment

*est concentré sur la qualité de transmission {3 temps : je dis hop – j’attends que la main du receveur soit placée – je donne}

 

Le receveur :

*est dans son 1/2 couloir pour que le témoin soit au milieu

*part au bon moment, à pleine vitesse, sans tendre le bras, sans se retourner

*tend son bras au bon moment, sans se retourner, sans ralentir, en fixant sa main {sans la bouger}

*vitesse max des deux coureurs {bonnes marques}

*continuer à courir à vitesse maximale 10-15m après la transmission, pour s’assurer que la transmission est bonne

 

*« Normalement », vous devez avoir repéré que les deux coureurs se donnent le témoin de main droite à main droite. Et ça, c’est PAS POSSIBLE! Pour que le témoin soit au milieu du couloir et que la transmission soit fluide, on donne toujours de main droite à main gauche ou de main gauche à main droite!

 

National

 

Léonore Garcia

Fête des épis d’or {année du départ en retraite de Lionel Travers??}, quand les anciens élèves revenaient nous voir!

 

Le premier élève du collège à avoir été qualifié pour un championnat de France UNSS fut Erik Bernard, en judo, du temps de l’ancien collège. Autant vous dire que je n’y étais pour rien! Je lui ai simplement fait sa licence, à la demande de son coach. Participation devenue possible puisque l’association sportive du collège avait été créée.

 

La deuxième fut Léonore Garcia, sélectionnée pour intégrer l’équipe soit de l’Eure, soit de l’académie de Rouen {je n’arrive plus à me souvenir…}, au moins sur l’épreuve de javelot, aux premiers Jeux de l’Avenir, en 1983, instaurés par Nelson Paillou

Léonore faisait partie de cette équipe minimes filles, qui s’était classée 3è aux championnats d’Académie.

Serge est arrivé au collège à la rentrée 1985. Dès juin 1986, nous avions une équipe qualifiée en athlétisme aux jeux de l’UNSS, qui se déroulaient en alternance avec les jeux de l’Avenir. Une équipe de benjamins, composée de Mathieu Carel, Boubakar Thera, Pascal Leveau, Patrick Echevard…et il en manque 2 puisque une équipe était composée de 6 jeunes!

Et ensuite, les années d’après, les qualifications de nos équipes aux championnats nationaux se sont enchaînées! C’était parti!…

 

M ta ville

 

 

C’est dans une petite revue distribuée aux habitants d’Evreux que j’ai trouvé cet article… La revue M TA VILLE.

Une appellation qui colle parfaitement au parcours de Serge. Car oui, sa ville, petite ville, de St André de l’Eure, il l’a aimé. Beaucoup.

Petite précision : Serge est arrivé à St André de l’Eure à la rentrée 1985. Je suis connue pour beaucoup noter. Pas tout mais beaucoup! Et dans mes cahiers, j’ai retrouvé la date de l’arrivée de Serge comme collègue!

Je ne sais pas, par contre, qui est l’ancien élève, de Prey, qui évoque un championnat à 200km…

Ça n’est en tous cas pas le plus lointain puisque nous avons accompagné une équipe de cadettes aux Championnats de France UNSS de cross à…Avignon! {cela fera l’objet d’une note…}

 

A l’américaine

Juin 80 et quelques!^^

De gauche à droite en haut : Lionel Travers, Léonore Garcia, Anne-caroline Rio, Sophie Maurice/Felix, Céline Bondu

Accroupies : Isabelle Davard, Annabelle Villedieu, Laurence Pinel

Voilà la première équipe du collège qui a fait « connaître » le collège des 7 épis. Ces minimes filles se sont classées 3è du championnat d’Académie d’athlétisme {quelle année?! Pas encore retrouvé avec certitude…je sais juste que j’étais encore seule prof d’EPS à animer l’association sportive} et personne ne connaissait ce collège… La compétition avait lieu, je pense, au stade de la petite Bouverie à Rouen. Et je me souviens comme si c’était hier du relais que ces filles ont couru. Ce fut mon premier grand kiff de relais, je ne savais pas à l’époque que j’en connaîtrai plusieurs autres!

Les filles ont réalisé 42″8 au 4×80 {et oui, à l’époque, c’était la distance pour les minimes…}, avec Isabelle Davard au départ, Céline Bondu en 2, Léonore Garcia en 3, Laurence Pinel en 4. Et des passages à l’américaine, vu que dans mon club de formation, le Club Universitaire Palois, c’était bizarrement la technique qu’on pratiquait, et que j’ai donc transmise à mes élèves, à ce moment là. Karine et Céline étaient en 12″4 et 12″5 au 80, Léonore et Laurence en 11″. Si vous faites le calcul…gain de temps par rapport à la somme des temps des 80 individuels : plus de 4″ sur 3 passages. C’est vous dire la qualité des passages! Je les ai encore en tête! D’autant plus qu’on les avait travaillés…dans la cour du collège, le nouveau, et il n’y avait pas encore les plateaux extérieurs et la piste/ligne droite en goudron.

Voyages voyages…

 

 

Lionel Travers a pris ses fonction de principal du collège en septembre 1981. Je sais qu’il a été ravi de voir que j’avais décidé de créer l’association sportive l’année précédente, parce qu’il arrivait du collège de Beaumont le Roger, dans lequel Francis Guerlin, professeur d’EPS, avait su dynamiser l’association sportive, et Lionel avait vu l’impact que ça avait sur un établissement scolaire.

Au collège de Beaumont, il y avait un bus, appartenant au collège, et Francis Guerlin avait le permis de conduire « transport en commun ». Lionel aussi!

Très vite après son arrivée au collège de St André de l’Eure, Lionel a eu envie que le collège s’équipe lui aussi d’un bus. Je ne sais plus comment ça s’est mis en place {achat auprès de qui? quand précisément?}, mais je sais que c’est une petite camionnette comme celle-là que nous avons eu au début. Avec des sièges en long dans le truc…et quoi, une quinzaine de places??! Nous nous rendions aux compétitions du district de Verneuil sur Avre dans ce véhicule…

Un plus grand a ensuite été acheté, Thierry Masseline, responsable de l’entretien du collège, a eu son permis de conduire « transport en commun », payé par le collège {en quelle année, je ne sais plus…}. Le grand bus a été revendu pour en acheter un moins vieux…{c’est un des deux grands bus qui est en fond de cette photo!}

Le genre de truc qui, je crois, ne serait plus possible now…

Ce grand bus était utilisé pour les déplacements de l’association sportive, et pour les voyages scolaires. Angleterre, Pays-Bas, séjours au ski, etc… Le collège a fini par avoir la réputation d’être une agence de voyages!

Et moi, je me souviens d’un retour de cross inter-district, au Neubourg, entre 1985 et 1990 {?!} Nous avions remporté la coupe du meilleur collège sur les classements par équipe des 4 catégories de collège {benjamins, garçons-filles, minimes, garçons-filles}. Avec nos 120 et quelques élèves emmenés, dans 3 bus {le notre, un prêté par l’association « la Chacoulienne » de Coudres, et conduit par un monsieur de Coudres, un qui appartenait à la commune de la Forêt du Parc, conduit par Lionel Travers, qui avant de déposer au retour les élèves devant le collège avait entamé plusieurs tours d’honneur en klaxonnant bien comme il faut, autour de la place du marché! Suivi des deux autres bus…

 

 

{article susceptible d’être complété-modifié si des précisions m’arrivent!}

 

Pour les filles

 

 

 

Je n’ai pas de souvenirs très précis de ce que j’ai fait dans le cadre de l’association sportive au cours de l’année 1980-1981…

Je sais que j’ai dû me débrouiller, seule, pour toutes les démarches administratives de création, affiliation de l’association sportive, et que devant l’ampleur de la tâche et mon grand sentiment de solitude {!}, j’avais fait le choix de ne m’occuper que de filles, dans la mesure où, à l’époque, l’offre sportive, pour les jeunes, sur la commune de St André de l’Eure se résumait à : football pour les garçons et…danse pour les filles!

N’ai-je proposé que des entraînements au collège? {l’ancien collège dont vous voyez les superbes installations sportives sur les deux photos du haut!…Les deux du bas, j’ai un doute : collège de St André de l’Eure ou ailleurs??…Pas de doutes cependant, ce sont bien des élèves du colllège! : Laurence Chevallier, Emmanuelle Can, Sylvie Pitel…sauf erreur, toujours possible!}…A-t’on rencontré d’autres collèges??…Je ne sais plus trop… J’ai juste un vague souvenir que nos premières rencontres sportives, en sports co et en cross, se soldaient par des « ratatouillées » de haute volée! Etait-ce dès 1980 ou un peu après??…Mystère…

 

Les mots de Benoît Yaouanc

 

source

 

Benoît Yaouanc m’a envoyé ce texte, pour témoigner de ce que Serge lui a laissé…

{J’avais oublié ce projet « Martinique »…}

Merci à Benoît!

 

***

La disparition de Serge a galvanisé grand nombre d’entre nous, à la hauteur de sa notoriété qui a su nous fédérer aux travers plusieurs horizons.
En ce sens, je tenais à apporter mon témoignage en sa mémoire.
J’ai rencontré Serge pour la première fois l’été 1996 lors des tests d’entrée pour Promo sport avec ce fameux 60m chronométré avec les cellules photoélectriques.
Le premier sentiment était celui d’un homme rassurant, passionné et ambitieux.
Toute ma vie de collégien, que j’ai été et qui ressurgit, a été marquée par des souvenirs impérissables.
Une semaine à Centerparc en partant du collège en vélo où nous partagions le bungalow avec Jérôme Deshayes, Matthieu Lebon, Bruno Casel, Jonathan Maisonneuve et Yoann  Portela et Serge en tant que Papa en intérim, qui nous laissait prendre des initiatives comme cette fameuse tambouille de pâtes trop cuite de Matthieu Lebon.
Mais cela allait encore plus loin, cette excursion dissimulait une autre ambition pour Serge, le projet monté sur trois ans pour un voyage en Martinique.
Ticket tombola, soirée crêpes, etc… pour apporter des fonds nécessaires au financement de ce projet.
Ce projet s’est réalisé et le privilège a été immense pour une poignée d’entre nous.
Deux semaines en Martinique se résumant par baptême de plongée, canyoning, cuisine créole, randonnée dans la forêt tropicale, compétition d’athlétisme, excursion en 4×4 et tournée des distilleries de l’île. Des moments marquants pour grand nombre d’élèves de ma génération, avec ceux dont j’ai gardé contact nous ressassons nos anecdotes.
Les compétitions d’UNSS, le cross du collège, la soirée de fin d’année des 7 épis, etc… sont autant d’événements qui ont insufflé une vie scolaire et des liens d’amitié les uns aux autres.
Sa passion pour l’éducation, le sport et les gens ont et auront toujours une résonance au fond de nous.
Par ailleurs, notre passion réciproque pour l’athlétisme m’a permis de m’accomplir en tant qu’athlète, en tant qu’entraîneur et en tant qu’homme.
Il y a 10 ans, je voyais Serge pour la dernière fois au stade d’athlétisme d’Évreux s’appelant encore Jean Bouin, venu récupérer son fils Hugo licencié au club de l’EAC.
Je me souviens de ce sentiment d’enthousiasme de revoir « mon prof de sport » et la fierté de lui évoquer mes parcours sportif, universitaire et professionnel pour lesquels il a eu une grande influence. Je n’ai su lui affirmer mais mon enthousiasme s’en ait chargé pour lui témoigner une grande et éternelle reconnaissance.
Aujourd’hui Serge, tu es parti pour un grand voyage et il n’y aura jamais assez de témoignages en ta mémoire pour soulager la peine d’une famille.
Stefan, Hugo, Marie et Martine peuvent être grandement fiers de l’homme que tu as été, et entretenir cette fierté comme une force.
Adieu Serge.

cross du collège – 1981 ou 1982??… {à l’ancien collège}

Gilbert, avec son mégaphone, pour animer le cross, moi {Sophie!}, et Julien Papp, l’autre monsieur à lunettes, prof d’histoire-géo??

***

J’ai su une semaine avant la rentrée des classes de septembre 1980 que j’étais nommée, après mon succès au Capeps au début de l’été, au collège de St André de l’Eure. J’avais même pas 22 ans, et je ne savais même pas que ce département, l’Eure, existait…

Je me suis présentée à Mr Joliff, principal du collège, j’ai vu mes conditions matérielles de travail : un « plateau », c’est à dire un terrain de handball en goudron, une fosse de sable avec un portique pour y accrocher des cordes à grimper, une cour avec 3 couloirs {50-60m??} qui passaient au milieu de pré-fabriqués, un tout petit préau, et l’éventuelle possibilité d’utiliser le foyer rural.

Le jour de la pré-rentrée, j’ai découvert mes futurs collègues  : petit collège donc petit groupe de profs. J’ai vu un grand monsieur avec un sweat-shirt sur les épaules, des ray-ban, j’ai cru que c’était mon collègue prof d’EPS, j’ai vu un petit monsieur avec un trench-coat, j’ai cru que c’était un prof d’anglais. Le grand monsieur, c’était jean Dubois, prof d’anglais, et le petit monsieur, c’était Gilbert Sarniguet, prof d’EPS! Enfin, PEGC histoire-géo et français… On lui a, à un moment donné, proposé de faire de l’EPS, que de l’EPS, ce qu’il a accepté. Il pratiquait le rugby, c’était sa seule « formation »…Donc grosse déconcertation pour moi, qui arrivait avec ma formation Staps toute fraîche.

Les préconisations de Gilbert : « Quand il pleut, je fais ça, quand il fait beau je fais ça, quand il fait froid je fais ça ». Et « Ça, c’est trop dur pour les filles!^^ {genre faire la roue, courir longtemps, etc…}. De plus, l’association sportive du collège N’EXISTAIT PAS! Inconcevable pour moi, qui avait pratiqué plein de sports différents avec l’association sportive de mon collège à Mourenx, puis avec celle du lycée Louis Barthou de Pau. A l’époque, la fédération du sport scolaire était l’ASSU, et j’ai participé aux premiers championnats de France d’athlétisme organisés pour des minimes, à Alès, qualifiée au 56mH.

J’ai donc créé l’association sportive {déclaration à la préfecture et tout le toutim}, organisé un premier cross du collège, mis en pratique ma formation {programmation, cycles d’activités, etc…}, et…rangé mes shorts et espadrilles, acheté doudounes, moufles and co pour me préparer à passer toutes mes heures de cours dehors!

Revue Synergie – # Part two

 

 

La relecture de cet article est émouvante, car beaucoup de ce qui a guidé notre action éducative et pédagogique y est… Nous le vivions, le nez dans le guidon. Et le relire avec le recul des années apporte encore plus de profondeur à ces souvenirs…

René-Paul Descoins, l’auteur de cet article, a été principal du collège de la Madeleine, dans les années 80, collège qui s’est appelé collège Russelsheim, collège Pablo Néruda… Pas trouvé trace de la revue Synergie sur le net, ni trace de l’auteur de cet article, en dehors de ce texte.

la Part one est ICI!

Part two

Le sport scolaire, c’est beaucoup plus que le sport…

« l’AS, ajoutent-ils tous les deux, c’est aussi l’occasion d’éviter la spécialisation. On s’initie à tout. Et puis c’est aussi beaucoup plus que la pratique sportive. C’est l’ambiance. Les gâteaux que l’on fait pour le mercredi après-midi et que l’on partage tous ensemble. Le plaisir du groupe. Au mois de juin on fait une fête : « la nuit des épis d’or », on remet les récompenses, on accueille beaucoup de parents. Bientôt, le 12 mars, on va faire une soirée vidéo pour projeter les films réalisés pendant les cross. Les autres élèves s’intéressent aussi à l’AS. Chaque jeudi, ils demandent les résultats et dans le hall du collège le lendemain de certaines épreuves, la vidéo fonctionne toute la journée! »

« En fait, l’AS a lieu tous les jours, souligne Sophie Felix, entre 12h et 14h ou le soir après les cours. Le lundi et le mardi pour les sports collectifs, le jeudi et le vendredi pour l’athlétisme ».

« le mercredi matin, intervient serge Masson, nous mettons en place une passerelle avec le primaire. On va faire une ? {sorry, le mot est effacé sur ma photocopie!…Séance? Compétition?} d’athlétisme avec les CM1 et CM2 pour mieux les connaître avant leur arrivée en 6è ».

Comme je m’étonne un peu de ce dynamisme qui me semble exceptionnel, ils…{tout effacé!}

« Vous savez, on n’est pas les seuls! Pont-Audemer fait encore mieux que nous et dans notre district, plusieurs autres AS sont très actives : Rugles par exemple où nous allons aujourd’hui et l’Immaculée de Damville. Mais c’est vrai : on ne compte pas notre temps. On a même créé un club d’athlétisme à St André pour y retrouver des élèves qui ont quitté le collège et veulent continuer à s’entraîner. D’ailleurs, ça plaît beaucoup aux élèves de savoir qu’on s’entraîne aussi, parfois avec eux. Ainsi notre parole passe mieux »

 

Avec les élèves…

14 heures. Nous sommes maintenant dans le collège de Rugles. dans le gymnase. Les benjamins 2  s’affrontent en handball. Les Verts {ce n’est pas St Etienne, c’est St André} contre les Rouges {c’est Rugles}. Les Verts dominent et mènent vite 2-0. Sur la touche, les filles encouragent leurs copains. Elodie, Estelle, Béatrice sont en 5è. Il y a aussi Nathalie et Karine qui sont en 6è.  » On aime l’AS, me dit Estelle, parce qu’on s’y amuse bien, on y retrouve nos camarades, il y a une bonne ambiance et les profs sont super-sympas! ». Elodie confirme : « bien sûr, on va à l’AS parce qu’on aime le sport mais aussi parce que l’AS, c’est des fêtes, des surboums, les copains et les copines ».

« A l’AS, déclare Béatrice, on fait du hand comme aujourd’hui, mais aussi du hockey, du basket, du foot. Oui, insiste-t-elle, même les filles font maintenant du foot ».

« Bientôt, m’expliquent-elles en choeur, on va faire un stage à St Nazaire, à côté de nantes. pendant les vacances de Pâques ».

Les benjamins de St André ont gagné 4-0. Ce sont maintenant les filles qui sont sur le terrain. Béatrice, qui a un sacré shoot, Elodie, estelle, se distinguent et les Vertes vont encore l’emporter sur les Rouges. J’en profite pour discuter un peu avec les garçons. malgré les apparences, ils sont plus timides que les filles. Guillaume qui a 12 ans et est en 5è, me confie : « On aime jouer et gagner ». {…..ma photocopie est effacée! je suppose que ce sont des prénoms de garçons…}, David approuvent.

« Mais ce qui nous plaît aussi, ajoute t-il, c’est qu’on fait des déplacements : on va à Damville, à Breteuil, à Rugles, et on fait un peu de tout : du rugby, du hand, du foot, bientôt de l’athlétisme. »

Les filles de St André ont battu les filles de Rugles. C’est au tour des benjamins 1 d’entrer sur le terrain. pendant ce temps-là, à l’extérieur, le rugby commence. Après le hand, le hockey, le rugby, les matches se succèdent sans interruption. St André, sauf en rugby, accumule les victoires et la joie des garçons éclate : « On se ballade! On est les meilleurs! » s’écrient Xavier, Nicolas, David et bien d’autres en rentrant aux vestiaires. C’est dire que s’ils ne jouent pas uniquement pour gagner, la victoire est tout de même l’un des premiers plaisirs. personnellement, je n’ai jamais cru qu’il suffisait de participer…

17 heures. Dans le car qui retourne vers St André, si la radio n’a rien perdu de sa vigueur, les voix, elles, se sont affaiblies et les dialogues sont désormais plus assourdis, on goûte, on somnole : on a passé une bonne journée.

 

Une AS extraordinaire?

Ai-je vécu cet après-midi là avec une association sportive extraordinaire? On pourrait le croire. Elle obtient de bons résultats. Elle a participé l’an dernier, en minimes garçons, au championnat de France de cross. Il y a deux ans au championnat national d’athlétisme avec les benjamins. Elle vient de remporter définitivement le challenge Marcel Guillot. Pour un collège rural, sans environnement sportif de haut-niveau, tout cela est remarquable.

Elle bénéficie, c’est indéniable, d’atouts qui ne sont pas le lot de toutes les autres : un principal qui croit aux vertus du sport, un ouvrier d’entretien qui lui donne beaucoup de son temps.

Elle joue dans le collège un rôle fondamental : elle anime tout l’établissement et les élèves s’y identifient volontiers. Elle le doit essentiellement à des professeurs d’EPS qui savent communiquer leur passion et leur enthousiasme. Et pourtant il demeure une ombre ou plutôt une absence : celle des autres professeurs. Ils ont d’autres choses à faire diront certains. Des choses plus sérieuses, penseront même quelques autres. Sans doute. Mais je me prends tout de même à rêver : et si les associations sportives, au-delà même du sport, devenaient un point d’appui central pour la rénovation éducative et pédagogique? Et si elles permettaient aux collèges de développer une rénovation ancrée dans la vie, la vie quotidienne, la vraie vie où les élèves donnent d’eux-mêmes une image positive : celle de la réussite? C’est un autre sujet, mais qui pourrait croire qu’on perdrait son temps à le traiter?