Archives mensuelles : mars 2019

Revue Synergie – # Part two

 

 

La relecture de cet article est émouvante, car beaucoup de ce qui a guidé notre action éducative et pédagogique y est… Nous le vivions, le nez dans le guidon. Et le relire avec le recul des années apporte encore plus de profondeur à ces souvenirs…

René-Paul Descoins, l’auteur de cet article, a été principal du collège de la Madeleine, dans les années 80, collège qui s’est appelé collège Russelsheim, collège Pablo Néruda… Pas trouvé trace de la revue Synergie sur le net, ni trace de l’auteur de cet article, en dehors de ce texte.

la Part one est ICI!

Part two

Le sport scolaire, c’est beaucoup plus que le sport…

« l’AS, ajoutent-ils tous les deux, c’est aussi l’occasion d’éviter la spécialisation. On s’initie à tout. Et puis c’est aussi beaucoup plus que la pratique sportive. C’est l’ambiance. Les gâteaux que l’on fait pour le mercredi après-midi et que l’on partage tous ensemble. Le plaisir du groupe. Au mois de juin on fait une fête : « la nuit des épis d’or », on remet les récompenses, on accueille beaucoup de parents. Bientôt, le 12 mars, on va faire une soirée vidéo pour projeter les films réalisés pendant les cross. Les autres élèves s’intéressent aussi à l’AS. Chaque jeudi, ils demandent les résultats et dans le hall du collège le lendemain de certaines épreuves, la vidéo fonctionne toute la journée! »

« En fait, l’AS a lieu tous les jours, souligne Sophie Felix, entre 12h et 14h ou le soir après les cours. Le lundi et le mardi pour les sports collectifs, le jeudi et le vendredi pour l’athlétisme ».

« le mercredi matin, intervient serge Masson, nous mettons en place une passerelle avec le primaire. On va faire une ? {sorry, le mot est effacé sur ma photocopie!…Séance? Compétition?} d’athlétisme avec les CM1 et CM2 pour mieux les connaître avant leur arrivée en 6è ».

Comme je m’étonne un peu de ce dynamisme qui me semble exceptionnel, ils…{tout effacé!}

« Vous savez, on n’est pas les seuls! Pont-Audemer fait encore mieux que nous et dans notre district, plusieurs autres AS sont très actives : Rugles par exemple où nous allons aujourd’hui et l’Immaculée de Damville. Mais c’est vrai : on ne compte pas notre temps. On a même créé un club d’athlétisme à St André pour y retrouver des élèves qui ont quitté le collège et veulent continuer à s’entraîner. D’ailleurs, ça plaît beaucoup aux élèves de savoir qu’on s’entraîne aussi, parfois avec eux. Ainsi notre parole passe mieux »

 

Avec les élèves…

14 heures. Nous sommes maintenant dans le collège de Rugles. dans le gymnase. Les benjamins 2  s’affrontent en handball. Les Verts {ce n’est pas St Etienne, c’est St André} contre les Rouges {c’est Rugles}. Les Verts dominent et mènent vite 2-0. Sur la touche, les filles encouragent leurs copains. Elodie, Estelle, Béatrice sont en 5è. Il y a aussi Nathalie et Karine qui sont en 6è.  » On aime l’AS, me dit Estelle, parce qu’on s’y amuse bien, on y retrouve nos camarades, il y a une bonne ambiance et les profs sont super-sympas! ». Elodie confirme : « bien sûr, on va à l’AS parce qu’on aime le sport mais aussi parce que l’AS, c’est des fêtes, des surboums, les copains et les copines ».

« A l’AS, déclare Béatrice, on fait du hand comme aujourd’hui, mais aussi du hockey, du basket, du foot. Oui, insiste-t-elle, même les filles font maintenant du foot ».

« Bientôt, m’expliquent-elles en choeur, on va faire un stage à St Nazaire, à côté de nantes. pendant les vacances de Pâques ».

Les benjamins de St André ont gagné 4-0. Ce sont maintenant les filles qui sont sur le terrain. Béatrice, qui a un sacré shoot, Elodie, estelle, se distinguent et les Vertes vont encore l’emporter sur les Rouges. J’en profite pour discuter un peu avec les garçons. malgré les apparences, ils sont plus timides que les filles. Guillaume qui a 12 ans et est en 5è, me confie : « On aime jouer et gagner ». {…..ma photocopie est effacée! je suppose que ce sont des prénoms de garçons…}, David approuvent.

« Mais ce qui nous plaît aussi, ajoute t-il, c’est qu’on fait des déplacements : on va à Damville, à Breteuil, à Rugles, et on fait un peu de tout : du rugby, du hand, du foot, bientôt de l’athlétisme. »

Les filles de St André ont battu les filles de Rugles. C’est au tour des benjamins 1 d’entrer sur le terrain. pendant ce temps-là, à l’extérieur, le rugby commence. Après le hand, le hockey, le rugby, les matches se succèdent sans interruption. St André, sauf en rugby, accumule les victoires et la joie des garçons éclate : « On se ballade! On est les meilleurs! » s’écrient Xavier, Nicolas, David et bien d’autres en rentrant aux vestiaires. C’est dire que s’ils ne jouent pas uniquement pour gagner, la victoire est tout de même l’un des premiers plaisirs. personnellement, je n’ai jamais cru qu’il suffisait de participer…

17 heures. Dans le car qui retourne vers St André, si la radio n’a rien perdu de sa vigueur, les voix, elles, se sont affaiblies et les dialogues sont désormais plus assourdis, on goûte, on somnole : on a passé une bonne journée.

 

Une AS extraordinaire?

Ai-je vécu cet après-midi là avec une association sportive extraordinaire? On pourrait le croire. Elle obtient de bons résultats. Elle a participé l’an dernier, en minimes garçons, au championnat de France de cross. Il y a deux ans au championnat national d’athlétisme avec les benjamins. Elle vient de remporter définitivement le challenge Marcel Guillot. Pour un collège rural, sans environnement sportif de haut-niveau, tout cela est remarquable.

Elle bénéficie, c’est indéniable, d’atouts qui ne sont pas le lot de toutes les autres : un principal qui croit aux vertus du sport, un ouvrier d’entretien qui lui donne beaucoup de son temps.

Elle joue dans le collège un rôle fondamental : elle anime tout l’établissement et les élèves s’y identifient volontiers. Elle le doit essentiellement à des professeurs d’EPS qui savent communiquer leur passion et leur enthousiasme. Et pourtant il demeure une ombre ou plutôt une absence : celle des autres professeurs. Ils ont d’autres choses à faire diront certains. Des choses plus sérieuses, penseront même quelques autres. Sans doute. Mais je me prends tout de même à rêver : et si les associations sportives, au-delà même du sport, devenaient un point d’appui central pour la rénovation éducative et pédagogique? Et si elles permettaient aux collèges de développer une rénovation ancrée dans la vie, la vie quotidienne, la vraie vie où les élèves donnent d’eux-mêmes une image positive : celle de la réussite? C’est un autre sujet, mais qui pourrait croire qu’on perdrait son temps à le traiter?

 

 

Revue Synergie – # Part one

 

Équipe de football minimes garçons, en finale académique {année à chercher, ma photocopie n’affiche pas l’année!^^…je penche pour « entre 1985 et 1990 »}

Petit jeu : qui reconnaissez-vous?! {on y reviendra!}

 

***

A l’annonce, stupéfiante, du décès de Serge, nous avons je crois, tous plongé dans nos souvenirs, ceux qui sont dans notre mémoire, et ceux qui sont dans nos cartons. C’est ainsi que j’ai redécouvert cet article, complètement oublié. Et vu qu’en dix-neuf cent quelque chose, comme je l’ai entendu dire par une jeune de l’EAC Athlétisme récemment, il n’y avait pas internet, impossible de le trouver ailleurs que dans nos cartons, ou ici…

Le voilà, en deux partie :

 

De Saint-André à Rugles : un après-midi avec l’association sportive du collège des sept épis – Reportage de René-Paul Descoins – Revue Synergie – 1987

 

Mercredi 17 février – 12h45. Le soleil et un petit vent frais sur le plateau de St André. dans cette clarté quasi-printanière le bourg est immobile et silencieux. c’est l’heure du repas et tout semble arrêté. la vie, l’animation existent cependant. Au collège des sept épis, par groupes de deux ou trois, presque tous en survêtements ou jeans, un sac à la main, des dizaines de garçons et de filles arrivent en riant, en jouant, en bavardant. Dans le hall ça fourmille déjà, on jette un regard au panneau qui annonce les matches de l’après-midi, on va chercher des maillots, des ballons. le principal discute avec un professeur; une mère d’élève demande à quelle heure les enfants vont revenir. le collège vit, respire. grâce à l’association sportive.

 

Deux chauffeurs : le principal et l’ouvrier d’entretien…

13 heures : les deux cars qui attendaient sur le parking de l’entrée démarrent, l’un piloté par Mr Travers, le principal du collège, va à evreux avec les équipes de foot-ball. Oui, c’est le principal qui conduit et qui va avec un professeur d’EPS, Daniel Bertin, manager les équipes et s’impliquer totalement dans le fonctionnement de l’AS. Comme il le fait chaque mercredi ou presque. ce n’est pas un hasard si l’AS fonctionne bien, mais n’anticipons pas.

 

Je monte dans l’autre car avec les benjamins et les benjamines. Ce car appartient au collège. Au volant Thierry Masseline. C’est l’ouvrier d’entretien de l’établissement. Un sportif. Il fait de l’athlétisme : 100m et saut en longueur. Depuis plusieurs années il participe à l’encadrement des équipes du collège. Non seulement il conduit le car, mais, selon les besoins, il entraîne ou dirige les équipes.

 

Une interview en musique

On roule vers Rugles. Par Damville et Breteuil. La Bamba que déverse la radio, les rires et les jeux des benjamins et des benjamines, le bruit du moteur : ce n’est pas l’idéal pour une interview. Tant pis. J’interroge quand même les professeurs : l’Association Sportive, qu’est-ce que cela représente pour eux? Quelle place prend-elle dans leur métier et dans leur vie, dans la vie du collège?

 

L’AS de Saint-André : 30% des effectifs du collège

C’est surtout Sophie Felix qui me répond : « L’AS, me dit-elle d’emblée, je l’ai créée en 1980 quand je suis arrivée à St André. je venais de Bordeaux. Au début, j’étais toute seule à m’en occuper. Maintenant nous sommes trois profs d’EPS pour la faire tourner. C’est par le cross qu’on s’est fait connaître, puis par les sports collectifs. Chaque année nos effectifs augmentent. Presque 30% des élèves sont inscrits à l’AS et y participent activement. »

« Nos activités, précise Serge Masson, demeurent assez traditionnelles du fait des équipements dont nous disposons : cross, sports collectifs, athlétisme à partir du printemps. Pas de natation parce que nous n’avons pas de piscine. » Serge Masson, lui, vient de Bretagne. Il a fait ses études à Dinard. Il est ici depuis 1985 et se sent complètement intégré. Je pense avec plaisir : on peut donc venir de Bordeaux ou de Bretagne et ne pas se sentir exilé dans un collège rural, à St André de l’Eure. Décidément les mérites du sport ne sont jamais assez chantés…

 

L’Association Sportive, c’est tous les sports à tous les niveaux

Sophie felix poursuit : « Pour nous, l’AS est complètement intégrée à notre travail pédagogique. Nous dispensons notre enseignement en fonction des compétitions UNSS qui sont un aboutissement. Cela ne veut pas dire que nous délaissons les élèves qui ne viennent pas à l’AS. cela signifie simplement que notre progression, nos exercices sont organisés en fonction du calendrier des épreuves UNSS. Cela ne désavantage personne et pour nous, comme pour les élèves de l’AS, cela donne un sens supplémentaire à tout ce que nous faisons ».

L’avantage de l’AS, explique Serge Masson, c’est la pluridisciplinarité. On peut y faire tous les sports ou presque et à tous les niveaux de pratique ».

« Ici, précise Sophie Felix, on accueille tous les enfants, on aide chacun à ateindre son meilleur niveau personnel. Même les moins bons continuent vraiment. cela ne veut pas dire que les résultats ne comptent pas. Mais ce n’est pas l’essentiel. Alors que dans les clubs civils, on ne peut le plus souvent que s’occuper de l’équipe fanion ».

 

A suivre pour la Part Two!

 

Les mots de Lionel Travers

 

Serge Masson et Lionel Travers – Cérémonie des Epis d’or juin 1997

{récompenses en fin d’année de nos jeunes licenciés UNSS}

 

Jamais de la vie Lionel Travers, principal du collège des 7 épis pendant une petite vingtaine d’années, aurait pu imaginer lire un jour un discours s’adressant à Serge reposant sans vie devant lui, dans cette cour d’école à St André de l’Eure… Et pourtant…

***

Mercredi 27 février 2019

« Voici 36 ans, j’accueillais Martine au secrétariat de gestion du collège des 7 épis et ausi Serge Masson, professeur de sport qui arrivait de Bretagne, de Carhaix.

A peine arrivé, il a montré qu’il était capable de l’IN-VRAI-SEM-BLA-BLE : en remettant le bouchon de son réservoir à essence, il est parvenu à faire tomber les clés de sa super 4L dans le réservoir à essence! IN-VRAI-SEM-BLA-BLE, non?!

Serge a été un professeur attentif et respectueux pour ses élèves et il en a été estimé – Un grand nombre d’entre eux sont aujourd’hui présents.

Il a formé équipe avec sa collègue Sophie FELIX et leur fidèle accompagnateur Thierry Masseline au volant du car. C’est ainsi qu’ont été portées très haut les couleurs du collège des 7 épis dans les activités UNSS : de championnats départementaux en championnats régionaux, de championnats régionaux en championnats nationaux, cette équipe a su donner aux élèves le sens de l’effort, de l’opiniâtreté, permettant à des élèves des classes défavorisées de parvenir au plus haut niveau; Certains ont gardé cette force dans leur vie professionnelle.

Le Trophée Paris-Normandie accordé à l’établissement le plus performant de l’académie a été attribué 3 années consécutives au collège des 7 épis, IN-VRAI-SEM-BLA-BLE!

Puis adjoint au maire, tu as enrichi et embelli le gymnase par la construction d’un mur d’escalade remarquable et remarqué, une salle d’athlétisme et – c’est unique dans l’Académie – une piste couverte d’une soixantaine de mètres permettant cette activité sportive par mauvais temps.

Et puis, tu as encore commis l’IN-VRAI-SEM-BLA-BLE, mais cette fois, ce ne fut pas de perdre les clés de ta 4L dans le réservoir à essence, mais l’IN-VRAI-SEM-BLA-BLE d’aller perdre la vie, là-bas, au loin…

Mais tu restes présent dans ma tête et dans mon coeur…

Toute mon affection à toi, Martine, à Hugo, à Marie et à Stefan.

 

Le même jour, avec à gauche, Frédéric Gueur

 

Aux couleurs de l’UNSS

 

1992 – Serge, devant les tribunes du stade d’athlétisme d’Evreux, qui ne s’appelait pas encore stade Roger Rochard, mais stade Jean Bouin. Vêtu d’une tenue parfaitement accordée aux couleurs de l’UNSS!

 

Si l’idée d’un blog m’est venue spontanément, c’est que j’en écris déjà deux autres…Un depuis mon aventure comme volontaire/bénévole lors de la coupe du monde de rugby qui a eu lieu en France en 2007, et l’autre depuis 2008, sur la vie de l’EAC Athlétisme.

Et sur ces deux blogs, j’ai déjà évoqué le collège des 7 épis!

… Serge… ici, à propos de nos ballons de rugby…ici, à propos de ce qu’on faisait à la rentrée, à propos du tee-shirt vert au nom du collège qu’il m’avait donné

Et Serge avait accompagné l’équipe de minimes garçons du club {EAC Athlétisme} qui s’était qualifiée pour la finale nationale Equip’Athlé en juin 2008, équipe composée de 4 garçons du collège des 7 épis, Vivien Grivet, Adrien Chabaud, Maxime Portela, Hugo Masson, révélés lors des compétitions UNSS, de deux garçons de l’Evreux AC, Thomas Promeneur, Frédéric Ledoyen, et d’un super jeune juge, Cédric Charbonnier, élève du collège des 7 épis, et qui me faisait sourire car il se déplaçait toujours {ou presque!} avec…sa glacière!

 

Les écrits sur ce blog reprendront fin mars!

A bientôt…

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J’ai souhaité rassembler ici quelques uns des textes lus lors de cette cérémonie d’adieu à Serge, mais il y a une personne dont je n’ai pas osé me rapprocher, c’est le secrétaire général de la Préfecture. Son discours est intervenu en dernier, et si j’ai réussi à garder au dedans mes larmes tout au long de cette cérémonie, les propos de ce monsieur en ont amenés quelques unes… En voyant la foule présente, la teneur des précédents discours, il a préféré laisser tomber celui qu’il avait préparé, et parler avec son coeur. Ce monsieur est arrivé assez récemment dans l’Eure, et il a commencé son discours en précisant qu’il connaissait Serge, alors qu’il y a 596 communes dans l’Eure

Quelques bribes de son discours se retrouvent dans l’article paru dans La Dépêche :

Jean-Michel MAGDA, secrétaire général de la Préfecture de l’Eure, a parlé avec émotion de sa rencontre avec Serge MASSON, il y a quelques semaines, venu défendre un dossier pour son canton. »Je suis profondément touché par sa disparition. Il faisait partie de ces maires engagés. heureusement qu’il y a des élus comme lui et nous leur devons énormément de respect. C’était une belle personne et il a tracé le chemin ».

Il me semble qu’il a également conclu en s’adressant à Martine, Hugo et Stefan, en leur disant qu’ils pouvaient être fiers de lui…

Du Sergio arrivé à St André de l’Eure en septembre 1985, avec ses cheveux en vadrouille frisée, et ses clés de voiture qui tombent dans le réservoir, à ce discours prononcé par le secrétaire général de la Préfecture…quel atypique et singulier parcours/chemin que celui de Serge…

{Merci à Hélène Jourdain qui m’a signalé cet article de presse}

 

« Fabrique du citoyen »

 

stade d’athlétisme à Evreux – juin 1994

 

A l’annonce du décès brutal de Serge Masson, nous avons tous eu à faire face à un déluge d’émotions et de sentiments, tristesse, stupéfaction, incrédulité, trouble, chagrin, regrets, sidération, accablement, choc, déchirement…

J’ai publié un message sur FB, et des témoignages ont alors permis l’expression de trucs forts et positifs…

Laurence Jouan a écrit : « je suis fière et heureuse d’avoir croisé la route d’un homme d’une si grande valeur ».

Nicolas Ruffin : « Nous sommes plusieurs à avoir eu cette chance de faire partie de la classe « promo Sport » qui était une véritable fabrique du citoyen, nous n’étions pas seulement considérés comme des élèves par Serge {et par Sophie et même Thierry} mais surtout comme des acteurs de la vie au collège et de nos propres parcours de vie. L’autonomie et la prise de responsabilités étaient au coeur du projet qui s’appuyait sur l’athlétisme principalement. Serge a toujours défendu ce projet, et a fait grandir beaucoup de jeunes en les valorisant. Très fier d’avoir partagé un moment de ma vie avec Serge. »

Serge m’avait exprimé un jour, au XXIè siècle {!}, la nostalgie qu’il avait de cette vie au collège, celle des 15 dernières années du siècle dernier. Je lui avais alors répondu qu’on pouvait se réjouir d’avoir eu la chance inouïe de vivre ce que nous avons vécu, la chance de croiser la route de Lionel, Thierry, Denis et d’autres, de bâtir ce qu’on a bâti dans ce collège. Peu de gens ont le privilège de vivre ce qu’on a vécu. Quelle richesse que cette vie professionnelle qui fût la nôtre…

 

 

Sur la photo :

-accroupis de gauche à droite : Isabelle Maisonneuve, Claudia Bedoit, Nicolas Ruffin, Denis Gueur, çavamerevenir, Thierry Gaillard {?}, Caroline Poitrineau, Catherine Brulois, Eurélie Vieira {?}, David Noa

-debout de gauche à droite : Mélanie Gorin, ………….., Benjamin Delédalle……….Benjamin Lefebvre, David Orth {caché juste derrière}…………………….Olivier Gauthier…………………Hélène Jourdain

 

Les mots d’Andrée Oger

 

 

Nous voici tous réunis pour dire adieu à Serge MASSON, ici, à Saint André, cette commune où il a tant travaillé, qu’il a tant servie et qu’il a tant aimée,

Mais avant de te quitter, Serge, mon ami

au nom de cette commune de Saint André

au nom de tout le canton,

au nom du département

je voudrais dire ici

devant ta famille dont nous comprenons et partageons la peine

devant tous tes amis dont je comprends et partage le chagrin

combien nous avions pour toi d’estime, de sympathie, de respect et d’amitié.

C’est que tu étais exceptionnellement bon, généreux, à l’écoute de tous et ton bureau ressemblait à une gare où chacun venait chercher quelque chose. Il en était de même chez toi et tu recevais tout le monde quitte à dépanner les gens sur tes propres deniers.

Cet intérêt pour les autres ça a été, je crois, le moteur de ta vie. Tu avais bien conscience des inégalités de notre société. Tu voyais les gens vivre chichement, se priver de tout, ne profiter de rien alors que d’autres étalaient des fortunes colossales. Alors tu t’es engagé….

D’abord dans le monde sportif car tu pensais que cela rassemble les individus pour un but commun, que cela émancipe. Et puis le sport avait été pour toi, un moyen de t’en sortir.

Puis tu as vite vu que pour être efficace il fallait avoir quelques pouvoirs. Entraîné par Paul Varigault, tu es devenu adjoint puis Maire et là, tu as fait merveille car tu pouvais agir plus efficacement pour le bien de tous et dans tous les domaines avec un soin particulier, peut-être, pour le sport.

Ainsi, tu as toujours veillé à la qualité des équipements mis à disposition des associations et du collège et je sais combien tu étais heureux d’avoir cette piste d’athlétisme, au gymnase, piste à peu près unique dans le département, d’avoir aussi ce plateau « sport pour tous » sur le stade.

Ta commune s’est couverte de voies piétonnes, de pistes cyclables, c’est la seule commune que je connaisse, aussi riche en ce domaine.

La vie associative de Saint André est particulièrement brillante et active et c’est bien grâce à toi et à ton équipe. On compte plus de 50 associations toutes plus vivantes les unes que les autres. La qualité de vie à Saint André tient à cela aussi car je crois qu’il y a plus de 2000 adhérents associatifs et ça se sent.

Mais tu ne te cantonnes pas à l’associatif, je me souviens de ta bataille pour maintenir un centre commercial en centre ville, de la création de la salle la mère Michel, de la maison médicale.

Faut-il rappeler que St André est la seule commune à ma connaissance qui offre aux personnes âgées, isolées, la possibilité de venir manger ensemble, pour un prix modique, tous les jours si elles le souhaitent ?

Faut-il rappeler que vous aidez les jeunes, financièrement, pour passer leur permis de conduire en échange de quelques heures de travail au service de la collectivité ?

Et je sais que tu préparais activement un contrat local de santé avec l’Agence Régionale de Santé, l’ARS

Mais cela ne te suffisait pas : tu sentais qu’avec un rôle départemental tu pourrais être plus efficace encore. Avec la loi électorale nouvelle qui voulait l’égalité homme/femme, nous nous sommes présentés ensemble.

Nous avons fait une belle campagne électorale, sans coups bas et j’ai mesuré l’élégance de ta pensée,

Nous avons été élus et nous avons travaillé ensemble, c’est là que je t’ai mieux connu et encore mieux apprécié

Tu voulais entreprendre, tu voulais faire bouger les lignes, tu voulais aider notre canton qui a toujours été actif et vivant à se développer davantage encore. Les nouvelles collectivités territoriales, hélas, ne sont pas faciles à faire bouger surtout quand on est dans l’opposition et je sais et partage ton amertume de voir, entre autre, ton projet de piscine cantonale repoussé

Nous avons œuvré ensemble et nous nous entendions parfaitement Tu avais l’âge de mes enfants et je m’émerveillais de tes qualités d’animateur, de ta patience, de ton efficacité, de ta gentillesse, de ta délicatesse, de ton humour aussi. Tu cachais sous beaucoup de calme apparent, sous un sourire engageant, un bouillonnement d’idées, de projets, une solide volonté mise au service d’un progressisme au meilleur sens du mot. Tu voulais profondément une société plus juste, plus équitable, meilleure aux pauvres gens.

Et tu faisais cela sans grandiloquence, discrètement, avec beaucoup d’esprit. Tu adorais faire des jeux de mots et tu avais aussi dans ce domaine un talent certain.

J’avais la plus grande confiance en toi et tu as été un partenaire solide avec qui il était agréable et constructif de travailler. Nous partagions beaucoup d’idées communes et tu as été un compagnon de route solide et fraternel

Tu es de ces élus locaux qui administrent leurs collectivités, dans la plus grande transparence, dans le plus grand respect des uns et des autres. Tu as contribué à créer et à maintenir cet esprit de fraternité par ta bonhomie, ton humour, ta tolérance sans jamais renier aucune de tes convictions.

Je sais le travail que cela représente, travail que tu faisais souvent discrètement, chez toi, le soir, car tu consacrais tes journées aux gens qui te sollicitaient. Oui, je crois que tu as beaucoup travaillé pour le bien public et que ce travail t’a épuisé.

Et, en ces temps où l’on dénigre les élus, « tous pourris » n’est ce pas, tu étais la preuve vivante de ce qu’est souvent, vraiment, un élu local : un homme ou une femme au service des autres, sincère honnête, dévoué, disponible sacrifiant une partie de sa vie privée, de sa vie familiale au profit de l’intérêt général.

Mais je vais te dire : la foule qui t’entoure aujourd’hui dit mieux que tous les discours, combien elle sait cela, combien elle t’est reconnaissante et combien elle te remercie pour tout ce que tu as accompli

Serge, mon ami, le moment est venu de te dire au revoir et merci au nom de toute la population

merci pour ton travail,

merci pour ton courage, pour ta persévérance, pour ton dévouement

merci pour ta générosité.

Merci pour l’amitié que tu as bien voulu me donner et qui me restera précieuse. J’éprouve une grande peine, perdre un ami de ta qualité c’est irréparable, c’est injuste, c’est la vie

A ton équipe municipale durement touchée aujourd’hui

A ta femme, Martine qui t’a accompagné au cours de ta vie avec son franc parler, sa bonne humeur et son amour

A tes enfants dont tu étais si fier et dont tu me parlais souvent

A toute ta famille, je présente en mon nom, en celui de notre groupe, au nom du département, en celui de toute la population du canton, nos très sincères condoléances et l’assurance de notre chaleureuse sympathie.

Si cela peut vous être une consolation, sachez que nous sommes tous reconnaissants à Serge d’être ce qu’il était, d’avoir fait ce qu’il a fait.

Vous pouvez être fiers de lui et nous ne l’oublierons pas.

Non, Serge, nous ne t’oublierons pas ,

Je ne t’oublierai pas

Présents

 

En attendant des photos mieux numérisées…^^

 

Parmi les 500 et quelques présents* en ce mercredi 27 février, de nombreuses personnes des équipes éducatives du collège des 7 épis avec lesquelles nous avons eu plaisir à travailler. Voilà ceux que j’ai pu saluer :

Thierry Masseline, Lionel Travers, Jeanne Travers, Marie-Agnès Bain, Janine Carel, Michèle Perraut, Guillaume Vilacèque, Annie Vanhersecke, Isabelle Leberre, Pascal Leberre, François Gicquel, Danièle Flamand, Jean Dubois, Annick François.

 

Peut-être d’autres présents?…

 

*quelqu’un ayant l’habitude de ces moments parle plutôt de « pas loin de 1000 personnes »…