Revue Synergie – # Part one

 

Équipe de football minimes garçons, en finale académique {année à chercher, ma photocopie n’affiche pas l’année!^^…je penche pour « entre 1985 et 1990 »}

Petit jeu : qui reconnaissez-vous?! {on y reviendra!}

 

***

A l’annonce, stupéfiante, du décès de Serge, nous avons je crois, tous plongé dans nos souvenirs, ceux qui sont dans notre mémoire, et ceux qui sont dans nos cartons. C’est ainsi que j’ai redécouvert cet article, complètement oublié. Et vu qu’en dix-neuf cent quelque chose, comme je l’ai entendu dire par une jeune de l’EAC Athlétisme récemment, il n’y avait pas internet, impossible de le trouver ailleurs que dans nos cartons, ou ici…

Le voilà, en deux partie :

 

De Saint-André à Rugles : un après-midi avec l’association sportive du collège des sept épis – Reportage de René-Paul Descoins – Revue Synergie – 1987

 

Mercredi 17 février – 12h45. Le soleil et un petit vent frais sur le plateau de St André. dans cette clarté quasi-printanière le bourg est immobile et silencieux. c’est l’heure du repas et tout semble arrêté. la vie, l’animation existent cependant. Au collège des sept épis, par groupes de deux ou trois, presque tous en survêtements ou jeans, un sac à la main, des dizaines de garçons et de filles arrivent en riant, en jouant, en bavardant. Dans le hall ça fourmille déjà, on jette un regard au panneau qui annonce les matches de l’après-midi, on va chercher des maillots, des ballons. le principal discute avec un professeur; une mère d’élève demande à quelle heure les enfants vont revenir. le collège vit, respire. grâce à l’association sportive.

 

Deux chauffeurs : le principal et l’ouvrier d’entretien…

13 heures : les deux cars qui attendaient sur le parking de l’entrée démarrent, l’un piloté par Mr Travers, le principal du collège, va à evreux avec les équipes de foot-ball. Oui, c’est le principal qui conduit et qui va avec un professeur d’EPS, Daniel Bertin, manager les équipes et s’impliquer totalement dans le fonctionnement de l’AS. Comme il le fait chaque mercredi ou presque. ce n’est pas un hasard si l’AS fonctionne bien, mais n’anticipons pas.

 

Je monte dans l’autre car avec les benjamins et les benjamines. Ce car appartient au collège. Au volant Thierry Masseline. C’est l’ouvrier d’entretien de l’établissement. Un sportif. Il fait de l’athlétisme : 100m et saut en longueur. Depuis plusieurs années il participe à l’encadrement des équipes du collège. Non seulement il conduit le car, mais, selon les besoins, il entraîne ou dirige les équipes.

 

Une interview en musique

On roule vers Rugles. Par Damville et Breteuil. La Bamba que déverse la radio, les rires et les jeux des benjamins et des benjamines, le bruit du moteur : ce n’est pas l’idéal pour une interview. Tant pis. J’interroge quand même les professeurs : l’Association Sportive, qu’est-ce que cela représente pour eux? Quelle place prend-elle dans leur métier et dans leur vie, dans la vie du collège?

 

L’AS de Saint-André : 30% des effectifs du collège

C’est surtout Sophie Felix qui me répond : « L’AS, me dit-elle d’emblée, je l’ai créée en 1980 quand je suis arrivée à St André. je venais de Bordeaux. Au début, j’étais toute seule à m’en occuper. Maintenant nous sommes trois profs d’EPS pour la faire tourner. C’est par le cross qu’on s’est fait connaître, puis par les sports collectifs. Chaque année nos effectifs augmentent. Presque 30% des élèves sont inscrits à l’AS et y participent activement. »

« Nos activités, précise Serge Masson, demeurent assez traditionnelles du fait des équipements dont nous disposons : cross, sports collectifs, athlétisme à partir du printemps. Pas de natation parce que nous n’avons pas de piscine. » Serge Masson, lui, vient de Bretagne. Il a fait ses études à Dinard. Il est ici depuis 1985 et se sent complètement intégré. Je pense avec plaisir : on peut donc venir de Bordeaux ou de Bretagne et ne pas se sentir exilé dans un collège rural, à St André de l’Eure. Décidément les mérites du sport ne sont jamais assez chantés…

 

L’Association Sportive, c’est tous les sports à tous les niveaux

Sophie felix poursuit : « Pour nous, l’AS est complètement intégrée à notre travail pédagogique. Nous dispensons notre enseignement en fonction des compétitions UNSS qui sont un aboutissement. Cela ne veut pas dire que nous délaissons les élèves qui ne viennent pas à l’AS. cela signifie simplement que notre progression, nos exercices sont organisés en fonction du calendrier des épreuves UNSS. Cela ne désavantage personne et pour nous, comme pour les élèves de l’AS, cela donne un sens supplémentaire à tout ce que nous faisons ».

L’avantage de l’AS, explique Serge Masson, c’est la pluridisciplinarité. On peut y faire tous les sports ou presque et à tous les niveaux de pratique ».

« Ici, précise Sophie Felix, on accueille tous les enfants, on aide chacun à ateindre son meilleur niveau personnel. Même les moins bons continuent vraiment. cela ne veut pas dire que les résultats ne comptent pas. Mais ce n’est pas l’essentiel. Alors que dans les clubs civils, on ne peut le plus souvent que s’occuper de l’équipe fanion ».

 

A suivre pour la Part Two!

 

Les mots de Lionel Travers

 

Serge Masson et Lionel Travers – Cérémonie des Epis d’or juin 1997

{récompenses en fin d’année de nos jeunes licenciés UNSS}

 

Jamais de la vie Lionel Travers, principal du collège des 7 épis pendant une petite vingtaine d’années, aurait pu imaginer lire un jour un discours s’adressant à Serge reposant sans vie devant lui, dans cette cour d’école à St André de l’Eure… Et pourtant…

***

Mercredi 27 février 2019

« Voici 36 ans, j’accueillais Martine au secrétariat de gestion du collège des 7 épis et ausi Serge Masson, professeur de sport qui arrivait de Bretagne, de Carhaix.

A peine arrivé, il a montré qu’il était capable de l’IN-VRAI-SEM-BLA-BLE : en remettant le bouchon de son réservoir à essence, il est parvenu à faire tomber les clés de sa super 4L dans le réservoir à essence! IN-VRAI-SEM-BLA-BLE, non?!

Serge a été un professeur attentif et respectueux pour ses élèves et il en a été estimé – Un grand nombre d’entre eux sont aujourd’hui présents.

Il a formé équipe avec sa collègue Sophie FELIX et leur fidèle accompagnateur Thierry Masseline au volant du car. C’est ainsi qu’ont été portées très haut les couleurs du collège des 7 épis dans les activités UNSS : de championnats départementaux en championnats régionaux, de championnats régionaux en championnats nationaux, cette équipe a su donner aux élèves le sens de l’effort, de l’opiniâtreté, permettant à des élèves des classes défavorisées de parvenir au plus haut niveau; Certains ont gardé cette force dans leur vie professionnelle.

Le Trophée Paris-Normandie accordé à l’établissement le plus performant de l’académie a été attribué 3 années consécutives au collège des 7 épis, IN-VRAI-SEM-BLA-BLE!

Puis adjoint au maire, tu as enrichi et embelli le gymnase par la construction d’un mur d’escalade remarquable et remarqué, une salle d’athlétisme et – c’est unique dans l’Académie – une piste couverte d’une soixantaine de mètres permettant cette activité sportive par mauvais temps.

Et puis, tu as encore commis l’IN-VRAI-SEM-BLA-BLE, mais cette fois, ce ne fut pas de perdre les clés de ta 4L dans le réservoir à essence, mais l’IN-VRAI-SEM-BLA-BLE d’aller perdre la vie, là-bas, au loin…

Mais tu restes présent dans ma tête et dans mon coeur…

Toute mon affection à toi, Martine, à Hugo, à Marie et à Stefan.

 

Le même jour, avec à gauche, Frédéric Gueur

 

Aux couleurs de l’UNSS

 

1992 – Serge, devant les tribunes du stade d’athlétisme d’Evreux, qui ne s’appelait pas encore stade Roger Rochard, mais stade Jean Bouin. Vêtu d’une tenue parfaitement accordée aux couleurs de l’UNSS!

 

Si l’idée d’un blog m’est venue spontanément, c’est que j’en écris déjà deux autres…Un depuis mon aventure comme volontaire/bénévole lors de la coupe du monde de rugby qui a eu lieu en France en 2007, et l’autre depuis 2008, sur la vie de l’EAC Athlétisme.

Et sur ces deux blogs, j’ai déjà évoqué le collège des 7 épis!

… Serge… ici, à propos de nos ballons de rugby…ici, à propos de ce qu’on faisait à la rentrée, à propos du tee-shirt vert au nom du collège qu’il m’avait donné

Et Serge avait accompagné l’équipe de minimes garçons du club {EAC Athlétisme} qui s’était qualifiée pour la finale nationale Equip’Athlé en juin 2008, équipe composée de 4 garçons du collège des 7 épis, Vivien Grivet, Adrien Chabaud, Maxime Portela, Hugo Masson, révélés lors des compétitions UNSS, de deux garçons de l’Evreux AC, Thomas Promeneur, Frédéric Ledoyen, et d’un super jeune juge, Cédric Charbonnier, élève du collège des 7 épis, et qui me faisait sourire car il se déplaçait toujours {ou presque!} avec…sa glacière!

 

Les écrits sur ce blog reprendront fin mars!

A bientôt…

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J’ai souhaité rassembler ici quelques uns des textes lus lors de cette cérémonie d’adieu à Serge, mais il y a une personne dont je n’ai pas osé me rapprocher, c’est le secrétaire général de la Préfecture. Son discours est intervenu en dernier, et si j’ai réussi à garder au dedans mes larmes tout au long de cette cérémonie, les propos de ce monsieur en ont amenés quelques unes… En voyant la foule présente, la teneur des précédents discours, il a préféré laisser tomber celui qu’il avait préparé, et parler avec son coeur. Ce monsieur est arrivé assez récemment dans l’Eure, et il a commencé son discours en précisant qu’il connaissait Serge, alors qu’il y a 596 communes dans l’Eure

Quelques bribes de son discours se retrouvent dans l’article paru dans La Dépêche :

Jean-Michel MAGDA, secrétaire général de la Préfecture de l’Eure, a parlé avec émotion de sa rencontre avec Serge MASSON, il y a quelques semaines, venu défendre un dossier pour son canton. »Je suis profondément touché par sa disparition. Il faisait partie de ces maires engagés. heureusement qu’il y a des élus comme lui et nous leur devons énormément de respect. C’était une belle personne et il a tracé le chemin ».

Il me semble qu’il a également conclu en s’adressant à Martine, Hugo et Stefan, en leur disant qu’ils pouvaient être fiers de lui…

Du Sergio arrivé à St André de l’Eure en septembre 1985, avec ses cheveux en vadrouille frisée, et ses clés de voiture qui tombent dans le réservoir, à ce discours prononcé par le secrétaire général de la Préfecture…quel atypique et singulier parcours/chemin que celui de Serge…

{Merci à Hélène Jourdain qui m’a signalé cet article de presse}

 

« Fabrique du citoyen »

 

stade d’athlétisme à Evreux – juin 1994

 

A l’annonce du décès brutal de Serge Masson, nous avons tous eu à faire face à un déluge d’émotions et de sentiments, tristesse, stupéfaction, incrédulité, trouble, chagrin, regrets, sidération, accablement, choc, déchirement…

J’ai publié un message sur FB, et des témoignages ont alors permis l’expression de trucs forts et positifs…

Laurence Jouan a écrit : « je suis fière et heureuse d’avoir croisé la route d’un homme d’une si grande valeur ».

Nicolas Ruffin : « Nous sommes plusieurs à avoir eu cette chance de faire partie de la classe « promo Sport » qui était une véritable fabrique du citoyen, nous n’étions pas seulement considérés comme des élèves par Serge {et par Sophie et même Thierry} mais surtout comme des acteurs de la vie au collège et de nos propres parcours de vie. L’autonomie et la prise de responsabilités étaient au coeur du projet qui s’appuyait sur l’athlétisme principalement. Serge a toujours défendu ce projet, et a fait grandir beaucoup de jeunes en les valorisant. Très fier d’avoir partagé un moment de ma vie avec Serge. »

Serge m’avait exprimé un jour, au XXIè siècle {!}, la nostalgie qu’il avait de cette vie au collège, celle des 15 dernières années du siècle dernier. Je lui avais alors répondu qu’on pouvait se réjouir d’avoir eu la chance inouïe de vivre ce que nous avons vécu, la chance de croiser la route de Lionel, Thierry, Denis et d’autres, de bâtir ce qu’on a bâti dans ce collège. Peu de gens ont le privilège de vivre ce qu’on a vécu. Quelle richesse que cette vie professionnelle qui fût la nôtre…

 

 

Sur la photo :

-accroupis de gauche à droite : Isabelle Maisonneuve, Claudia Bedoit, Nicolas Ruffin, Denis Gueur, çavamerevenir, Thierry Gaillard {?}, Caroline Poitrineau, Catherine Brulois, Eurélie Vieira {?}, David Noa

-debout de gauche à droite : Mélanie Gorin, ………….., Benjamin Delédalle……….Benjamin Lefebvre, David Orth {caché juste derrière}…………………….Olivier Gauthier…………………Hélène Jourdain

 

Les mots d’Andrée Oger

 

 

Nous voici tous réunis pour dire adieu à Serge MASSON, ici, à Saint André, cette commune où il a tant travaillé, qu’il a tant servie et qu’il a tant aimée,

Mais avant de te quitter, Serge, mon ami

au nom de cette commune de Saint André

au nom de tout le canton,

au nom du département

je voudrais dire ici

devant ta famille dont nous comprenons et partageons la peine

devant tous tes amis dont je comprends et partage le chagrin

combien nous avions pour toi d’estime, de sympathie, de respect et d’amitié.

C’est que tu étais exceptionnellement bon, généreux, à l’écoute de tous et ton bureau ressemblait à une gare où chacun venait chercher quelque chose. Il en était de même chez toi et tu recevais tout le monde quitte à dépanner les gens sur tes propres deniers.

Cet intérêt pour les autres ça a été, je crois, le moteur de ta vie. Tu avais bien conscience des inégalités de notre société. Tu voyais les gens vivre chichement, se priver de tout, ne profiter de rien alors que d’autres étalaient des fortunes colossales. Alors tu t’es engagé….

D’abord dans le monde sportif car tu pensais que cela rassemble les individus pour un but commun, que cela émancipe. Et puis le sport avait été pour toi, un moyen de t’en sortir.

Puis tu as vite vu que pour être efficace il fallait avoir quelques pouvoirs. Entraîné par Paul Varigault, tu es devenu adjoint puis Maire et là, tu as fait merveille car tu pouvais agir plus efficacement pour le bien de tous et dans tous les domaines avec un soin particulier, peut-être, pour le sport.

Ainsi, tu as toujours veillé à la qualité des équipements mis à disposition des associations et du collège et je sais combien tu étais heureux d’avoir cette piste d’athlétisme, au gymnase, piste à peu près unique dans le département, d’avoir aussi ce plateau « sport pour tous » sur le stade.

Ta commune s’est couverte de voies piétonnes, de pistes cyclables, c’est la seule commune que je connaisse, aussi riche en ce domaine.

La vie associative de Saint André est particulièrement brillante et active et c’est bien grâce à toi et à ton équipe. On compte plus de 50 associations toutes plus vivantes les unes que les autres. La qualité de vie à Saint André tient à cela aussi car je crois qu’il y a plus de 2000 adhérents associatifs et ça se sent.

Mais tu ne te cantonnes pas à l’associatif, je me souviens de ta bataille pour maintenir un centre commercial en centre ville, de la création de la salle la mère Michel, de la maison médicale.

Faut-il rappeler que St André est la seule commune à ma connaissance qui offre aux personnes âgées, isolées, la possibilité de venir manger ensemble, pour un prix modique, tous les jours si elles le souhaitent ?

Faut-il rappeler que vous aidez les jeunes, financièrement, pour passer leur permis de conduire en échange de quelques heures de travail au service de la collectivité ?

Et je sais que tu préparais activement un contrat local de santé avec l’Agence Régionale de Santé, l’ARS

Mais cela ne te suffisait pas : tu sentais qu’avec un rôle départemental tu pourrais être plus efficace encore. Avec la loi électorale nouvelle qui voulait l’égalité homme/femme, nous nous sommes présentés ensemble.

Nous avons fait une belle campagne électorale, sans coups bas et j’ai mesuré l’élégance de ta pensée,

Nous avons été élus et nous avons travaillé ensemble, c’est là que je t’ai mieux connu et encore mieux apprécié

Tu voulais entreprendre, tu voulais faire bouger les lignes, tu voulais aider notre canton qui a toujours été actif et vivant à se développer davantage encore. Les nouvelles collectivités territoriales, hélas, ne sont pas faciles à faire bouger surtout quand on est dans l’opposition et je sais et partage ton amertume de voir, entre autre, ton projet de piscine cantonale repoussé

Nous avons œuvré ensemble et nous nous entendions parfaitement Tu avais l’âge de mes enfants et je m’émerveillais de tes qualités d’animateur, de ta patience, de ton efficacité, de ta gentillesse, de ta délicatesse, de ton humour aussi. Tu cachais sous beaucoup de calme apparent, sous un sourire engageant, un bouillonnement d’idées, de projets, une solide volonté mise au service d’un progressisme au meilleur sens du mot. Tu voulais profondément une société plus juste, plus équitable, meilleure aux pauvres gens.

Et tu faisais cela sans grandiloquence, discrètement, avec beaucoup d’esprit. Tu adorais faire des jeux de mots et tu avais aussi dans ce domaine un talent certain.

J’avais la plus grande confiance en toi et tu as été un partenaire solide avec qui il était agréable et constructif de travailler. Nous partagions beaucoup d’idées communes et tu as été un compagnon de route solide et fraternel

Tu es de ces élus locaux qui administrent leurs collectivités, dans la plus grande transparence, dans le plus grand respect des uns et des autres. Tu as contribué à créer et à maintenir cet esprit de fraternité par ta bonhomie, ton humour, ta tolérance sans jamais renier aucune de tes convictions.

Je sais le travail que cela représente, travail que tu faisais souvent discrètement, chez toi, le soir, car tu consacrais tes journées aux gens qui te sollicitaient. Oui, je crois que tu as beaucoup travaillé pour le bien public et que ce travail t’a épuisé.

Et, en ces temps où l’on dénigre les élus, « tous pourris » n’est ce pas, tu étais la preuve vivante de ce qu’est souvent, vraiment, un élu local : un homme ou une femme au service des autres, sincère honnête, dévoué, disponible sacrifiant une partie de sa vie privée, de sa vie familiale au profit de l’intérêt général.

Mais je vais te dire : la foule qui t’entoure aujourd’hui dit mieux que tous les discours, combien elle sait cela, combien elle t’est reconnaissante et combien elle te remercie pour tout ce que tu as accompli

Serge, mon ami, le moment est venu de te dire au revoir et merci au nom de toute la population

merci pour ton travail,

merci pour ton courage, pour ta persévérance, pour ton dévouement

merci pour ta générosité.

Merci pour l’amitié que tu as bien voulu me donner et qui me restera précieuse. J’éprouve une grande peine, perdre un ami de ta qualité c’est irréparable, c’est injuste, c’est la vie

A ton équipe municipale durement touchée aujourd’hui

A ta femme, Martine qui t’a accompagné au cours de ta vie avec son franc parler, sa bonne humeur et son amour

A tes enfants dont tu étais si fier et dont tu me parlais souvent

A toute ta famille, je présente en mon nom, en celui de notre groupe, au nom du département, en celui de toute la population du canton, nos très sincères condoléances et l’assurance de notre chaleureuse sympathie.

Si cela peut vous être une consolation, sachez que nous sommes tous reconnaissants à Serge d’être ce qu’il était, d’avoir fait ce qu’il a fait.

Vous pouvez être fiers de lui et nous ne l’oublierons pas.

Non, Serge, nous ne t’oublierons pas ,

Je ne t’oublierai pas

Présents

 

En attendant des photos mieux numérisées…^^

 

Parmi les 500 et quelques présents* en ce mercredi 27 février, de nombreuses personnes des équipes éducatives du collège des 7 épis avec lesquelles nous avons eu plaisir à travailler. Voilà ceux que j’ai pu saluer :

Thierry Masseline, Lionel Travers, Jeanne Travers, Marie-Agnès Bain, Janine Carel, Michèle Perraut, Guillaume Vilacèque, Annie Vanhersecke, Isabelle Leberre, Pascal Leberre, François Gicquel, Danièle Flamand, Jean Dubois, Annick François.

 

Peut-être d’autres présents?…

 

*quelqu’un ayant l’habitude de ces moments parle plutôt de « pas loin de 1000 personnes »…

 

Les mots de Denis Montes

 

Hortensias bretons

source

Sergio, mon ami, ça fait presque 20 ans que l’on se connait, mais ça fait 10 ans que l’on est
amis. De ces 10 ans, je ne garde aucun mauvais souvenir, à part ce putain de 19 février ….
Pendant ces 10 ans , on n’a pas toujours été d’accord sur tout, dans nos discutions, mais était-
ce important ? Non, ça se terminait toujours pareil avec un bon verre de rouge et un bon petit
plat que je te faisais, parce que j’ai un talent de dingue en cuisine, toujours en mixant l’oignon
parce que trouver un morceau d’oignon, ça te bouchait le toul rer. Pas la peine que je traduise …
La cuisine, t’as toujours dit que t’allais t’y mettre ….et au bout du compte, tu faisais des crêpes .
Pendant ces 10 ans, avec ton engagement, tes idées, tes convictions, je t’ai toujours vu te
dévouer au bonheur de l’autre, jusqu’à l épuisement, sans jamais te plaindre….tu aurais peut-
être dû …
C ‘était peut-être pour conjurer ce bonheur qui a fuit ton enfance, une enfance rythmée par un
enchaînement incroyable de drames, comme sortis du pire livre de Zola, tu n en parlais pas,
peu connaissent cette partie de toi, tu aurais pu te renfermer , mais non, tu as construit ta vie
en t’ouvrant pour les autres.
Certes parfois tu étais découragé, mais toujours tu te ressaisissais , parce que, je te cite : t’avais
pas fini le travail.
Nul doute que ta succession continuera tout ça, dans la sérénité je l’espère …
Sergio, c’est aussi le roi du jeu de mot, la veille encore , alors qu’on trinquait avec une boisson
locale, sans alcool, il est breton, je préfère préciser ….
On buvait un lassi indien, et là en trinquant tu as a lancé, lassi, boisson fidèle !!
Avant de prendre ton petit sourire comme pour t’excuser ; ce petit sourire que tu as encore là,
ici, maintenant je le sais, j’y étais , je l’ai vu ….
Peut être qu’en partant tu pensais à un jeu de mot : une mise en bière….pourvu qu’elle soit
bien fraîche, tu aurais pu dire ça …
10 ans , c’est aussi notre écart d’âge, je t’ai souvent embêté avec ça en te présentant comme
mon père. Tu répondais toujours « rigolo vas !!!! je ne suis pas ton père, je suis ton maire »
10 ans, on s’est jamais quitté. Les réveillons c’était ensemble, les virées dans la Drôme, en
Bourgogne, en Bretagne, sur la côte normande, en Catalogne, à Paris, à Bordeaux…c’était
ensemble. Les concerts, les festivals, les vacances au ski, c’était ensemble. Bruxelles, Londres,
New York ensemble. La Toscane, la Réunion, la Martinique, ensemble.
Courir en forêt ou faire les 20 km de Paris….bon uniquement avec ma femme , moi j’ai un
physique impeccable, pas la peine de faire du sport.
Et puis l’Inde, un voyage génial hein Sergio….jusqu’à ce putain de 19 février.
Ton dernier voyage, tu le fais tout seul, enfin, avec Karl Lagerfeld, la classe quand même, je ne
sais pas où tu vas mais certainement dans un endroit pour les gens biens, si j’avais dit pour les
gens bons, tu m’aurais sûrement dit « ah c’est pour ça que ça ressemble aux fêtes de Bayonne
ici»
Là où tu es, tu peux partir serein mon ami, Stefan, Hugo, Marie et Martine ne seront jamais
seuls, on sera toujours là.
Sergio , tu m enlèves une épine du pied tu sais ; ça fait 12 ans que tu me demandes de partir
avec toi pour les municipales, ça fait 12 ans que je te dis non, parce je n’aurais jamais pu m’
impliquer comme toi, et je ne voulais pas te décevoir. J’aurais plus besoin de te dire non .
Maintenant le temps va faire son travail afin que l’on s’habitue à ton absence, que l’on s’habitue
à notre tristesse.
Je t’aime mon ami, effectivement tu n’es pas mon père, tu n’es pas mon maire, tu es mon frère
simplement.
Tu me manques , tu me manqueras toujours.
Je te dis à la prochaine.
Kenavo comme on dit chez toi.
Adiu i per molts anys comme on dit chez moi.

Sous le soleil

 

© Paris-Normandie

{un peu floues…}

source

Pour ceux et celles qui n’ont pas pu être présents, voilà où nous étions en ce mercredi après-midi. Soleil radieux pour nos coeurs qui ne l’étaient pas trop…

{Mon outil d’évaluation, complètement intuitif, mon repère pour dire qu’il y avait à peu près, voire un peu plus de 500 personnes*, c’est la comparaison avec la cour du collège, un jour de rentrée, quand les élèves attendent qu’on les appelle…}

*carrément beaucoup plus d’après une personne ayant plus d’expérience que moi…plus près de 1000 personnes…

Les mots de Séverine Gibson/Moisan

 

 

Afin que ceux/celles qui n’ont pu se rendre à St André de l’Eure en ce mercredi 27 février puissent découvrir les beaux textes lus lors de cet adieu, seront publiés ici quelques uns de ces textes.

Séverine Gibson – Députée et ancienne élève du collège

Lorsque j’ai préparé cet hommage à Serge Masson, ma première pensée a été de me demander – quel est le seul mot qui le décrivait ?

Le mot simplicité était lui dans sa façon d’être.

C’est donc un hommage sincère et simple que je souhaite partager avec vous toutes et tous.

Pour la très grande majorité des personnes, on ne parlait pas de Monsieur Masson, mais plutôt de Serge : n’y voyez là aucun signe d’incivilité mais bien davantage, une reconnaissance, une marque affective, envers l’homme et l’élu qu’il était.

J’ai côtoyé Serge depuis de nombreuses années dans les différentes fonctions qu’il occupait : maire et conseiller départemental, et je me rends compte avec vous toutes et tous, présents ici, que c’était un homme apprécié et appréciable.

A cet instant même, des souvenirs et des images, des anecdotes, des expressions se déroulent dans notre mémoire.

Ecouter, servir, aider, accompagner, développer : telles étaient les missions qu’il s’était fixées dans l’exercice de son mandat d’élu et de ses différentes activités.

Serge a été un pilier de la vie locale. Sa vie a été si riche qu’il est bien difficile de la retracer en quelques mots. Il prenait plaisir à évoluer en communauté, à porter et défendre des projets pour faire vivre sa ville et développer son territoire.

Arrivé de sa Bretagne natale, il occupait depuis au moins 35 ans la fonction de professeur d’éducation physique et sportive, je l’ai vu arriver au moment où moi-même j’étais élève au collège de St André : je ne l’ai pas eu comme professeur… je peux vous avouer que c’est une chance car le sport n’était pas du tout ma matière préférée et je lui aurais laissé un bien mauvais souvenir de moi !

Pour ma part, c’est l’élu que je souhaite évoquer. Serge était un maire constructif, pugnace, maniant l’humour et la dérision avec habileté. Il avait l’art et la manière, pour éviter tout conflit, d’exprimer à sa façon son désaccord.

Il était omniprésent à la Mairie et nous pouvions toujours compter sur lui.

On le retrouvait également très présent dans les associations de la commune auprès des pompiers où nous étions encore il y a quelques semaines, ou au banquet des aînés, au cinéma en plein air, à des expositions…..

Comme vous pouvez le constater, Serge a énormément donné à Saint André, en faisant preuve d’un engagement très actif, de passion et de détermination.

Il a toujours essayé d’apporter un plus aux autres. Nous étions d’ailleurs mobilisés depuis plus d’un an sur un travail relatif à l’accès aux soins et aux déserts médicaux dans le canton de St André de l’Eure, sujet qui lui tenait à cœur tout comme moi, nous poursuivrons ce projet avec tous les acteurs concernés et le ferons vivre pour qu’il aboutisse.

A chaque fois qu’il parlait de toi, Martine, de ses deux « garçons », on sentait dans sa voix, beaucoup de fierté, d’admiration, et surtout beaucoup d’émotion. Il était toujours attentif à ce que ses proches se sentent bien et il avait besoin de sa « tribu » que composait ses amis proches, si importants à ses yeux.

Tel était Serge et c’est ce souvenir, admiratif et ému, que nous garderons de lui.

Je souhaite maintenant ajouter aussi un souvenir personnel qui me restera de Serge, celui d’un homme qui lors d’une conversation très sérieuse de travail, avait toujours le mot pour rire ou le mauvais jeu de mots que lui seul pouvait aller chercher mais c’était surtout le jeu de mots qui faisait rire tout le monde.

A vous, Martine et à toute votre famille, je vous présente, en mon nom personnel, mes plus vives et sincères condoléances, ainsi que l’expression de toute ma sympathie.

Serge, nous te remercions tous, pour ton engagement qui est encore plus important que celui que j’ai essayé de décrire ici.

Ton action m’autorise à saluer aujourd’hui la capacité de l’homme de terrain et de terroir que tu étais, mais aussi l’homme engagé et l’élu que tu étais.

L’émotion, la tristesse, la douleur, qui sont présentes dans notre conscience depuis l’annonce de ta disparition en Inde la semaine passée, donneront un autre sens à la vie politique locale.

Il ne faut pas en douter, tu étais un élu apprécié.