Archives mensuelles : février 2019

Les mots de Denis Montes

 

Hortensias bretons

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Sergio, mon ami, ça fait presque 20 ans que l’on se connait, mais ça fait 10 ans que l’on est
amis. De ces 10 ans, je ne garde aucun mauvais souvenir, à part ce putain de 19 février ….
Pendant ces 10 ans , on n’a pas toujours été d’accord sur tout, dans nos discutions, mais était-
ce important ? Non, ça se terminait toujours pareil avec un bon verre de rouge et un bon petit
plat que je te faisais, parce que j’ai un talent de dingue en cuisine, toujours en mixant l’oignon
parce que trouver un morceau d’oignon, ça te bouchait le toul rer. Pas la peine que je traduise …
La cuisine, t’as toujours dit que t’allais t’y mettre ….et au bout du compte, tu faisais des crêpes .
Pendant ces 10 ans, avec ton engagement, tes idées, tes convictions, je t’ai toujours vu te
dévouer au bonheur de l’autre, jusqu’à l épuisement, sans jamais te plaindre….tu aurais peut-
être dû …
C ‘était peut-être pour conjurer ce bonheur qui a fuit ton enfance, une enfance rythmée par un
enchaînement incroyable de drames, comme sortis du pire livre de Zola, tu n en parlais pas,
peu connaissent cette partie de toi, tu aurais pu te renfermer , mais non, tu as construit ta vie
en t’ouvrant pour les autres.
Certes parfois tu étais découragé, mais toujours tu te ressaisissais , parce que, je te cite : t’avais
pas fini le travail.
Nul doute que ta succession continuera tout ça, dans la sérénité je l’espère …
Sergio, c’est aussi le roi du jeu de mot, la veille encore , alors qu’on trinquait avec une boisson
locale, sans alcool, il est breton, je préfère préciser ….
On buvait un lassi indien, et là en trinquant tu as a lancé, lassi, boisson fidèle !!
Avant de prendre ton petit sourire comme pour t’excuser ; ce petit sourire que tu as encore là,
ici, maintenant je le sais, j’y étais , je l’ai vu ….
Peut être qu’en partant tu pensais à un jeu de mot : une mise en bière….pourvu qu’elle soit
bien fraîche, tu aurais pu dire ça …
10 ans , c’est aussi notre écart d’âge, je t’ai souvent embêté avec ça en te présentant comme
mon père. Tu répondais toujours « rigolo vas !!!! je ne suis pas ton père, je suis ton maire »
10 ans, on s’est jamais quitté. Les réveillons c’était ensemble, les virées dans la Drôme, en
Bourgogne, en Bretagne, sur la côte normande, en Catalogne, à Paris, à Bordeaux…c’était
ensemble. Les concerts, les festivals, les vacances au ski, c’était ensemble. Bruxelles, Londres,
New York ensemble. La Toscane, la Réunion, la Martinique, ensemble.
Courir en forêt ou faire les 20 km de Paris….bon uniquement avec ma femme , moi j’ai un
physique impeccable, pas la peine de faire du sport.
Et puis l’Inde, un voyage génial hein Sergio….jusqu’à ce putain de 19 février.
Ton dernier voyage, tu le fais tout seul, enfin, avec Karl Lagerfeld, la classe quand même, je ne
sais pas où tu vas mais certainement dans un endroit pour les gens biens, si j’avais dit pour les
gens bons, tu m’aurais sûrement dit « ah c’est pour ça que ça ressemble aux fêtes de Bayonne
ici»
Là où tu es, tu peux partir serein mon ami, Stefan, Hugo, Marie et Martine ne seront jamais
seuls, on sera toujours là.
Sergio , tu m enlèves une épine du pied tu sais ; ça fait 12 ans que tu me demandes de partir
avec toi pour les municipales, ça fait 12 ans que je te dis non, parce je n’aurais jamais pu m’
impliquer comme toi, et je ne voulais pas te décevoir. J’aurais plus besoin de te dire non .
Maintenant le temps va faire son travail afin que l’on s’habitue à ton absence, que l’on s’habitue
à notre tristesse.
Je t’aime mon ami, effectivement tu n’es pas mon père, tu n’es pas mon maire, tu es mon frère
simplement.
Tu me manques , tu me manqueras toujours.
Je te dis à la prochaine.
Kenavo comme on dit chez toi.
Adiu i per molts anys comme on dit chez moi.

Sous le soleil

 

© Paris-Normandie

{un peu floues…}

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Pour ceux et celles qui n’ont pas pu être présents, voilà où nous étions en ce mercredi après-midi. Soleil radieux pour nos coeurs qui ne l’étaient pas trop…

{Mon outil d’évaluation, complètement intuitif, mon repère pour dire qu’il y avait à peu près, voire un peu plus de 500 personnes*, c’est la comparaison avec la cour du collège, un jour de rentrée, quand les élèves attendent qu’on les appelle…}

*carrément beaucoup plus d’après une personne ayant plus d’expérience que moi…plus près de 1000 personnes…

Les mots de Séverine Gibson/Moisan

 

 

Afin que ceux/celles qui n’ont pu se rendre à St André de l’Eure en ce mercredi 27 février puissent découvrir les beaux textes lus lors de cet adieu, seront publiés ici quelques uns de ces textes.

Séverine Gibson – Députée et ancienne élève du collège

Lorsque j’ai préparé cet hommage à Serge Masson, ma première pensée a été de me demander – quel est le seul mot qui le décrivait ?

Le mot simplicité était lui dans sa façon d’être.

C’est donc un hommage sincère et simple que je souhaite partager avec vous toutes et tous.

Pour la très grande majorité des personnes, on ne parlait pas de Monsieur Masson, mais plutôt de Serge : n’y voyez là aucun signe d’incivilité mais bien davantage, une reconnaissance, une marque affective, envers l’homme et l’élu qu’il était.

J’ai côtoyé Serge depuis de nombreuses années dans les différentes fonctions qu’il occupait : maire et conseiller départemental, et je me rends compte avec vous toutes et tous, présents ici, que c’était un homme apprécié et appréciable.

A cet instant même, des souvenirs et des images, des anecdotes, des expressions se déroulent dans notre mémoire.

Ecouter, servir, aider, accompagner, développer : telles étaient les missions qu’il s’était fixées dans l’exercice de son mandat d’élu et de ses différentes activités.

Serge a été un pilier de la vie locale. Sa vie a été si riche qu’il est bien difficile de la retracer en quelques mots. Il prenait plaisir à évoluer en communauté, à porter et défendre des projets pour faire vivre sa ville et développer son territoire.

Arrivé de sa Bretagne natale, il occupait depuis au moins 35 ans la fonction de professeur d’éducation physique et sportive, je l’ai vu arriver au moment où moi-même j’étais élève au collège de St André : je ne l’ai pas eu comme professeur… je peux vous avouer que c’est une chance car le sport n’était pas du tout ma matière préférée et je lui aurais laissé un bien mauvais souvenir de moi !

Pour ma part, c’est l’élu que je souhaite évoquer. Serge était un maire constructif, pugnace, maniant l’humour et la dérision avec habileté. Il avait l’art et la manière, pour éviter tout conflit, d’exprimer à sa façon son désaccord.

Il était omniprésent à la Mairie et nous pouvions toujours compter sur lui.

On le retrouvait également très présent dans les associations de la commune auprès des pompiers où nous étions encore il y a quelques semaines, ou au banquet des aînés, au cinéma en plein air, à des expositions…..

Comme vous pouvez le constater, Serge a énormément donné à Saint André, en faisant preuve d’un engagement très actif, de passion et de détermination.

Il a toujours essayé d’apporter un plus aux autres. Nous étions d’ailleurs mobilisés depuis plus d’un an sur un travail relatif à l’accès aux soins et aux déserts médicaux dans le canton de St André de l’Eure, sujet qui lui tenait à cœur tout comme moi, nous poursuivrons ce projet avec tous les acteurs concernés et le ferons vivre pour qu’il aboutisse.

A chaque fois qu’il parlait de toi, Martine, de ses deux « garçons », on sentait dans sa voix, beaucoup de fierté, d’admiration, et surtout beaucoup d’émotion. Il était toujours attentif à ce que ses proches se sentent bien et il avait besoin de sa « tribu » que composait ses amis proches, si importants à ses yeux.

Tel était Serge et c’est ce souvenir, admiratif et ému, que nous garderons de lui.

Je souhaite maintenant ajouter aussi un souvenir personnel qui me restera de Serge, celui d’un homme qui lors d’une conversation très sérieuse de travail, avait toujours le mot pour rire ou le mauvais jeu de mots que lui seul pouvait aller chercher mais c’était surtout le jeu de mots qui faisait rire tout le monde.

A vous, Martine et à toute votre famille, je vous présente, en mon nom personnel, mes plus vives et sincères condoléances, ainsi que l’expression de toute ma sympathie.

Serge, nous te remercions tous, pour ton engagement qui est encore plus important que celui que j’ai essayé de décrire ici.

Ton action m’autorise à saluer aujourd’hui la capacité de l’homme de terrain et de terroir que tu étais, mais aussi l’homme engagé et l’élu que tu étais.

L’émotion, la tristesse, la douleur, qui sont présentes dans notre conscience depuis l’annonce de ta disparition en Inde la semaine passée, donneront un autre sens à la vie politique locale.

Il ne faut pas en douter, tu étais un élu apprécié.

Adios Sergio #1

 

Il faisait un temps magnifique et doux ce mercredi 27 février 2019. A peu près 500 personnes {ou plus…} sont venues dire adios à Sergio dans la cour de l’école de l’hôtel de ville. Une cérémonie civile magnifique. Dix interventions, entrecoupées de musiques.

Se sont succédés :

-Madame Coursin – 1ère adjointe de la commune de St André de l’Eure

-Madame Gibson – Députée et ancienne élève du collège

-Monsieur Lehongre – président du Conseil Départemental

Madame Oger

-Monsieur Travers – Ancien principal du collège

Monsieur Montès – Ami de Serge et Martine

*Monsieur Ulrich

-Un directeur d’école

-Monsieur Magda – Secrétaire Général de la Préfecture de l’Eure